Une avancée scientifique pourrait transformer le dépistage de la maladie d’Alzheimer. Des chercheurs de l’Université de New York (NYU), sous la direction des professeurs Allal Boutajangout et Thomas Wisniewski, ont démontré qu’un simple test sanguin permettrait d’identifier les premiers mécanismes de la maladie plusieurs années avant l’apparition d’une démence cliniquement visible.
Cette approche repose sur l’analyse de biomarqueurs présents dans le sang, offrant une alternative plus simple et plus accessible aux méthodes diagnostiques actuellement utilisées.
Des biomarqueurs capables d’anticiper la maladie
Interrogé par les médias, le professeur Allal Boutajangout, neurologue et neuroscientifique à la Faculté de médecine de la NYU et codirecteur du Centre de neurologie cognitive et de la plateforme des biomarqueurs, explique que cette méthode analyse plusieurs indicateurs biologiques, notamment les protéines bêta-amyloïde et tau, ainsi que différents biomarqueurs inflammatoires.
Les chercheurs ont évalué cette approche auprès de trois catégories de participants : des personnes sans troubles cognitifs, des patients présentant un déclin cognitif subjectif et des personnes souffrant d’un déficit cognitif léger.
Les résultats montrent une forte corrélation entre ces biomarqueurs sanguins et les dépôts de protéines observés dans le cerveau par tomographie par émission de positons (PET scan), permettant de distinguer avec précision les différentes phases d’évolution de la maladie.
Détecter Alzheimer jusqu’à dix ans avant les premiers symptômes
Selon le scientifique marocain, ces biomarqueurs peuvent révéler les premiers processus pathologiques de la maladie huit à dix ans avant l’apparition des signes cliniques majeurs.
À ce stade, les lésions cérébrales sont déjà en cours de développement mais restent généralement invisibles avec les méthodes diagnostiques conventionnelles. Cette capacité de détection précoce ouvre la voie à une prise en charge plus rapide et à une médecine davantage orientée vers la prévention.
Pour le professeur Boutajangout, l’intégration de ces analyses dans les programmes de dépistage permettrait d’identifier plus tôt les personnes à risque, d’adapter les traitements disponibles selon le stade de la maladie et d’assurer un suivi plus précis grâce à l’évolution des biomarqueurs.
Une approche plus simple et moins coûteuse
L’équipe de recherche poursuit également ses travaux sur d’autres maladies neurodégénératives, notamment Parkinson, la démence fronto-temporale, les traumatismes crâniens, les accidents vasculaires cérébraux, l’autisme et la sclérose latérale amyotrophique.
Au-delà de ses performances diagnostiques, cette méthode présente un avantage économique important. Contrairement au PET scan ou à la ponction lombaire, des examens coûteux, invasifs et difficilement accessibles à grande échelle, le test sanguin est simple à réaliser, moins onéreux et rapidement interprétable.
Les chercheurs estiment ainsi qu’il pourrait devenir un examen de première intention, les investigations plus complexes étant réservées à la confirmation des cas nécessitant un diagnostic approfondi.


